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Depuis quelques années, la maladie de Crohn occupe le devant de la scène des maladies inflammatoires intestinales. Si ses causes restent méconnues et que le microbiote intestinal semble impliqué, de nombreuses recherches sont actuellement menées afin de trouver un traitement curatif. Mais quelle est cette maladie et quels sont les symptômes de la maladie de Crohn ?

Qu’est-ce que la maladie de Crohn ?

 

La maladie de Crohn n’est pas récente, puisqu’elle a été identifiée en 1932 par un médecin américain qui lui a donné son nom : Burril B. Crohn. Il s’agit d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (aussi appelée MICI), tout comme la recto-colite hémorragique. Ces maladies concerneraient environ 200.000 personnes en France selon les chiffres de l’Observatoire National des MICI1.

Cette affection chronique se caractérise par une inflammation au niveau de la paroi d’une partie du tractus digestif (de la bouche à l’anus) associée à une réponse immunitaire altérée. La plupart du temps, la maladie de Crohn intéresse le colon et l’iléon (partie terminale de l’intestin grêle). Souvent révélée chez le jeune adulte, il s’agit d’une maladie récidivante fonctionnant par cycles avec des intervalles d’activité variable et de rémission plus ou moins prolongée.

Quelles sont les causes de cette maladie ?

Aujourd’hui, il n’existe pas de cause clairement identifiée venant expliquer les symptômes de la maladie de Crohn. Cependant, les recherches scientifiques font état de certains facteurs pouvant jouer un rôle dans son développement. Parmi eux figurent les prédispositions génétiques : même si la maladie de Crohn n’est pas héréditaire, environ 150 gènes ont été identifiés comme susceptibles d’induire le développement d’une MICI. Comme beaucoup de maladies, des facteurs environnementaux comme la pollution ou encore l’alimentation pourraient être mis en cause. En revanche, le tabagisme a été clairement identifié comme favorisant la maladie de Crohn : fumer double le risque de développer la maladie.

Une des explications avancées depuis quelques années tient au fait que ces éléments sont responsables d’une dysbiose (déséquilibre) au niveau du microbiote intestinal (flore intestinale). La flore intestinale fait donc l’objet de nombreux essais thérapeutiques pour lutter contre ces maladies inflammatoires. 

Quels sont les symptômes de la maladie de Crohn ?

 

Bien souvent, les symptômes de la maladie de Crohn se manifestent lors de poussées inflammatoires. D’intensité plus ou moins sévère, les douleurs abdominales éprouvées lors des poussées sont les principales manifestations de la maladie. Celles-ci peuvent s’accompagner de diarrhées, de lésions au niveau de la région anale, mais également de signes extra-intestinaux.

 

Les manifestations cliniques intestinales

Les douleurs ressenties au niveau de l’abdomen peuvent être plus ou moins douloureuses, et sont symptomatiques d’un besoin d’aller à la selle. Les patients atteints de cette maladie peuvent alors ressentir un besoin impérieux de se rendre aux toilettes, ce qui peut être source de problèmes dans la vie quotidienne.

Les fèces pouvant avoir une consistance très variable, elles peuvent s’accompagner de glaires et de sang. Ces marqueurs sont le témoin de lésions au niveau de la région rectale ou sigmoïdienne du colon. Lorsque les selles sont trop consistantes, elles peuvent entraîner une gêne lors de leur évacuation et provoquer des fissures ou des fistules se manifestant par des suintements.

Ces complications intestinales (occlusion, abcès, formation de fistule) peuvent faire l’objet par la suite d’une intervention chirurgicale.

Les manifestations extra-intestinales

Sources de fatigue, les symptômes de la maladie de Crohn s’accompagnent souvent d’une asthénie générale se traduisant par une certaine pâleur, et d’un retentissement au niveau alimentaire. Parmi les symptômes de la maladie de Crohn figurent aussi un manque d’appétit, un amaigrissement ainsi que de la fièvre. Les patients atteints de la maladie de Crohn sont souvent anémiés et présentent des carences alimentaires (fer, vitamine B12 etc.).

Plus rares, des manifestations articulaires (au niveau des membres) peuvent également être observées. Celles-ci ne sont pas à négliger puisque chez l’enfant, un amaigrissement et des complications osseuses peuvent avoir un impact au moment de la puberté et entraîner des retards de croissance.

Au moment des poussées digestives, certains patients peuvent également expérimenter des manifestations oculaires pouvant altérer la vision, ou encore des symptômes dermatologiques telles que des tâches, des aphtes ou encore des papules (boutons).

Comment diagnostique-t-on une maladie de Crohn ?

Le diagnostic de la maladie repose sur divers critères. Devant un tableau clinique révélateur d’une MICI, il convient en effet d’effectuer en premier lieu un bilan biologique afin de révéler la présence de marqueurs anti-inflammatoires spécifiques des MICI. Il peut aussi s’agir de détecter d’éventuelles insuffisances nutritionnelles en vitamines et en micro-nutriments. Un dosage de la ferritine, de la créatine et de l’albuminémie peut être réalisé pour détecter ces carences.

Des examens d’endoscopie digestive avec biopsie au niveau des régions lésées peuvent venir compléter le diagnostic de la maladie et caractériser sa gravité par évaluation de l’étendue des lésions. D’autres examens paracliniques additionnels peuvent être envisagés tels qu’une échographie abdomino-pelvienne ou encore une IRM. Un examen par vidéocapsule permet également une analyse plus fine des lésions rendues difficilement visibles avec les autres techniques.

Dans certains cas, il arrive que la maladie de Crohn s’étende et se généralise en cancer. C’est pourquoi le diagnostic doit s’accompagner d’un suivi spécifique par l’équipe de professionnels de santé.

Les traitements de la maladie de Crohn

Bien que la maladie soit aujourd’hui sans traitement curatif, les traitements médicamenteux actuels permettent de contrôler les symptômes de la maladie de Crohn en traitant les poussées et en prolongeant les phases de rémission.

Parmi eux, les aminosalicylés sont encore les plus utilisés face aux corticoïdes. Des immunomodulateurs permettent quant à eux de stimuler les réactions du système immunitaire pour lutter contre les réactions anti-inflammatoires. La prescription de ces traitements pharmacologiques doit être réalisée entre le médecin traitant et le médecin spécialiste.

Lorsque certaines lésions deviennent trop importantes, une exérèse (ablation) des parties touchées par la maladie peut être réalisée lors d’une opération chirurgicale. Ce type d’intervention peut donner lieu à la réalisation d’une stomie, le plus souvent temporaire (voir notre article qu'est-ce qu'une stomie ?).

D’un point de vue alimentaire, une alimentation entérale ou parentérale peut être envisagée pour traiter les poussées. Pour les patients pouvant s’alimenter par voie naturelle, un régime alimentaire plus restreint lors des poussées ou des compléments nutritionnels oraux en cas de dénutrition peuvent être envisagés transitoirement. S’il n’existe pas de régime particulier pour la maladie de Crohn, certaines recommandations alimentaires par une diététicienne peuvent toutefois permettre d’apporter du repos au système digestif. Consultez également notre article sur l'alimentation à adopter en cas de maladie de Crohn.

Concernant le traitement des manifestations non-digestives, arrêter le tabac s’avère être une stratégie payante pour les malades atteints d’une MICI puisque la cigarette est un facteur d’aggravation de la maladie. En cas de manifestation oculaire ou cutanée, il reste préférable de se rendre chez un gastro-entérologue qui permettra d’adresser le patient vers un spécialiste tel qu’un rhumatologue, un dermatologue ou encore un ophtalmologue.

 

La maladie de Crohn est une affection chronique qui fait l’objet de nombreuses études afin de trouver un traitement. Récemment, des recherches menées par des chercheurs français laissent envisager la mise au point d’un futur vaccin pour lutter contre la maladie de Crohn et ses symptômes. L’idée repose sur la stimulation d’anticorps naturellement présents dans la couche de mucus recouvrant la paroi intestinale et dirigés contre la flagelline. Cette protéine est exprimée par des bactéries et leur permet de s’infiltrer dans la paroi intestinale. Le vaccin permettrait de les empêcher de rentrer et d’induire une réaction inflammatoire. Si les études n’ont pour l’instant été menées que sur des souris, les résultats sont encourageants et laissent entrevoir un avenir pour le développement d’un vaccin chez l’Homme.

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