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Apparaissant avec l’âge (à partir de 50 ans) avec une prévalence plus élevée dans les pays industrialisés, la diverticulose se caractérise par la présence de petites protrusions dans le tube digestif. Quelle est cette pathologie colique, et comment la traiter ?

Définition de la diverticulose

La diverticulose se définit par l’existence de diverticules, localisés au niveau du côlon. Ils sont présents majoritairement dans les derniers segments de celui-ci, on parle parfois de diverticulose sigmoïdienne.

Ces petites hernies en forme de poches se forment au niveau de la muqueuse du gros intestin et sont asymptomatiques dans 80% des cas1. Lorsque la diverticulose se complique, les patients peuvent toutefois expérimenter des symptômes gastro-intestinaux tels que de la constipation, des ballonnements ou des diarrhées. Elle peut également s’accompagner de douleurs et de saignements.

Comment la diverticulose se développe-t-elle ?

Les causes expliquant la survenue d’une diverticulose ne sont pas encore totalement connues. Les facteurs génétiques, environnementaux, la dysmobilité intestinale ou encore le microbiote ont été mis en avant pour expliquer son apparition. Beaucoup de chercheurs ont d’ailleurs tenté de mettre en évidence l’influence du régime alimentaire, en particulier une teneur en fibres trop faible. Peu d’études ont cependant réussi à démontrer un effet véritablement significatif de celles-ci sur le développement de diverticules. Selon d’autres informations, l'âge semblerait être le facteur prédominant.

Le mécanisme à l’origine des diverticules reposerait sur le fait que les selles, rendues moins volumineuses du fait du manque de fibres dans l’alimentation (qui retiennent l’eau), entraînent des contractions plus importantes du côlon pour les faire circuler. Ces efforts musculaires conduisent à une hausse de la pression interne dans l’organe, qui va alors entraîner la création de ces protrusions. Le diverticule se forme alors au niveau de la zone de faiblesse des couches musculaires du côlon.

Qu’est-ce qu’une diverticulite ?

Révélée par une prise de sang et confirmée par des analyses biologiques ainsi que des examens d’imagerie, la diverticulite est une complication de la diverticulose qui consiste en l’inflammation des diverticules. Le fait de développer ces hernies ne présage cependant pas forcément d’une diverticulite. En effet, le pourcentage de patients ayant une diverticulose et développant une diverticulite s’élève à 10-25%2.

La diverticulite peut être simple, ou compliquée. Lorsqu’elle est compliquée, elle peut entraîner des abcès, une sténose, et conduire parfois à une péritonite. Celle-ci est une infection due à la rupture de diverticules qui provoquent le passage de selles (contenant des bactéries) dans le péritoine.

Il existe quatre stades définis par la classification de Hinchey permettant d’établir leur gravité et de déterminer le traitement chirurgical requis.

Stade I

Phlegmon ou abcès péricolique

Stade II

 

Abcès pelvien, abdominal ou rétropéritonéal (péritonite localisée)

Stade III

Péritonite généralisée purulente

Stade IV

Péritonite fécale

Hinchey EJ, et al. Adv Surg 1978;12:85-109.3

À savoir : la diverticulite n’est pas la seule complication possible de la diverticulose. Des saignements diverticulaires (hémorragies), ou encore une colite associée peuvent être observés chez certains patients.

Comment traiter la diverticulose ?

Le diagnostic d’une diverticulose est souvent réalisé par imagerie, lors d’un examen de coloscopie ou d’une IRM. S’agissant d’un état asymptomatique, il n’existe pas de traitement particulier.

En cas de diverticulite, un traitement peut être envisagé en cas de complications telles que la création d’un abcès ou la généralisation en péritonite.

Traitements médicamenteux de la diverticulite

Lorsque la diverticulose se complique, notamment en cas d’abcès lors d’une diverticulite, un traitement antibiotique peut être requis comme traitement. L’antibiothérapie en cas de diverticulite non compliquée est en revanche peu préconisée du fait de la rareté des preuves attestant de son efficacité. Le traitement antibiotique en cas de diverticulite compliquée peut être délivré en ambulatoire lorsque c’est possible, mais il arrive qu’une hospitalisation soit nécessaire et que l’antibiothérapie soit délivrée en intraveineuse.

Il est mis en évidence le fait que la prise de corticoïdes et d’AINS (anti-inflammatoires non-stéroïdiens) ne soit pas recommandée lors du traitement des diverticules du fait de leurs effets secondaires au niveau digestif. Ils augmenteraient notamment le risque de développement d’un abcès.

Traitements chirurgicaux

Lorsque le traitement médicamenteux échoue et que le patient a une diverticulose sigmoïdienne présentant des complications, un traitement chirurgical au cas par cas peut alors être pratiqué.

Il est cependant à noter qu’en cas de saignement d’un diverticule, le chirurgien pourra préférer une intervention par endoscopie.

  • Si le patient présente un abcès (stade Hinchey I-II), celui-ci devra être traité par antibiotiques puis drainé avant de procéder à l’intervention. Une résection-anastomose plus ou moins protégée (ne comprenant pas forcément de stomie) peut être mise en place.
  • Lorsque le patient est à un stade Hinchey III-IV, le chirurgien peut pratiquer une résection-anastomose si les conditions sont réunies, ou une intervention de Hartmann. Souvent réalisée dans l’urgence et ne permettant pas de réaliser une anastomose, l’intervention de Hartmann consiste en une colostomie (généralement provisoire) : la partie du côlon affectée est retirée et abouchée à l’abdomen pour évacuer les selles à l’extérieur. Comme la section la plus concernée par la résection est le côlon sigmoïde, le rectum laissé en place est alors suturé dans l’éventualité d’une seconde opération d’anastomose pour rétablir la continuité du tractus digestif.
  • En cas de complications à haut risque comme une péritonite généralisée, l’intervention de Hartmann semble être indiquée.

Les patients ayant développé une diverticulite étant souvent des personnes âgées, celles-ci peuvent présenter certaines complications supplémentaires liées à leur âge ou leur état de santé. C’est pourquoi il semble souvent privilégié de passer par une stomie temporaire.

Prévention de la diverticulose

Comme écrit précédemment, l’alimentation pourrait jouer un rôle dans la prévention de la diverticulose sigmoïdienne, même si cela n’a pas été confirmé par des études scientifiques. En effet, une alimentation enrichie en fibres ainsi qu’une bonne hydratation pourraient jouer sur la formation de ces excroissances. La production de selles de plus grande taille et suffisamment souples permettraient ainsi de ne pas entraîner des contractions trop importantes pour le péristaltisme du côlon.

Il est parfois conseillé de consommer des probiotiques, qui permettent d’améliorer la flore intestinale avec des effets bénéfiques sur la santé sans augmentation de la résistance aux antibiotiques.

En cas de diverticulite, il n’existe pas de régime alimentaire préventif pour empêcher la réapparition de l’inflammation des diverticules. Après l’opération, il est souvent recommandé de passer par une phase de régime sans résidu durant quelques jours. Les aliments pourront peu à peu être réintroduits selon les recommandations du médecin, et la quantité de fibres alimentaires progressivement augmentée. L’alimentation doit en effet rester équilibrée pour ne pas entraîner de carences, le patient pourra manger de tout tant qu’il n’existe pas de contre-indication particulière.

Si les études scientifiques n’ont pas certifié que les fibres alimentaires, l’hydratation ou encore les probiotiques puissent prévenir la diverticulose ou seulement la diverticulite, ces éléments restent indiqués dans le cadre d’une bonne santé et peuvent être intéressants pour permettre d’améliorer le confort digestif du patient.

 

Aujourd’hui, de nombreuses recherches continuent d’être menées afin de détecter les facteurs pouvant être à l’origine du développement de la diverticulose et de son évolution en diverticulite. La modification du microbiote intestinal chez le patient obèse pourrait notamment expliquer le risque de développement de cette pathologie. Le rôle de la vitamine D (qui permettrait de réduire le risque d’évolution en diverticulite) ou encore celui de l’activité physique doivent eux aussi faire l’objet d’études plus poussées. Enfin, le potentiel d’autres traitements est en cours d’évaluation, notamment en ce qui concerne les probiotiques afin de démontrer leur efficacité.

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